Le texte de l’Apocalypse, le livre des Révélations
(œuvre en 22 chapitres), à caractère religieux
et sacré puisque faisant partie du Nouveau Testament,
du Canon de l’Eglise chrétienne, fourmille d’allusions
aux anciens prophètes de la religion juive quand il ne
s’agit pas de recopies complètes, à un ou
deux détails près. Il y avait là quelque
chose d'intrigant, c'était une faille par laquelle il fallait s'engouffrer. Et si le Nouveau Testament racontait d'une façon différente le même "tabou" que l'ancien Testament ou la Torah?
Dans l’optique du Pensator, l’Apocalypse
ne révélant rien du tout (tout du moins au premier
degré tel qu’expliqué par les exégètes),
j’avais eu naturellement tendance à prendre le
contre-pied de l’apparence, et donc décidé que
cette œuvre prenait un paravent religieux pour cacher son
véritable sens, qui devait être à l’opposé
du sacré. Ce n'était pas aussi simple, mais il fallait bien partir d'un point de départ.
Quel aurait été, en effet, l’intérêt
de l’auteur à se lancer dans un collage de plagiats
dont on pourrait aisément retrouver les originaux tout
au long de l’Ancien Testament ? Il y avait donc plusieurs
bonnes raisons à découvrir, surtout quand l’auteur
lui-même nous mettait sur leurs pistes, les solutions à ses devinettes de Sphinx. Car il faut prendre
l’Apocalypse pour ce qu’elle est, telle qu'annoncée
par ses rédacteurs, une oeuvre de révélations
de vérités cachées qui, à l’époque,
n’étaient pas bonnes à dire si leurs auteurs
voulaient vivre longtemps. Le message fut donc codé par
des superpositions de thèmes, et par des mots à
plusieurs sens que le lecteur ne pouvait pas voir ou comprendre
au premier coup d’oeil, dans une lecture rapide. C'est de l'anti-zapping, le décodage
nécessitait un effort de réflexion associé
à une ouverture d’esprit qui demandait, avant d’approcher
le sujet par différentes entrées, d'accepter au
moins l’idée de remettre en cause des choses
considérées comme immuables. Car rien de ce
qui fut, qui est, ou qui sera créé par l’homme,
n’est immuable.
C’est ce que plusieurs personnes célèbrres de l'Histoire, principalement des artistes (parce qu'ils savent sortir du cadre du dogme de la Loi) avaient
découvert : le texte de l’Apocalypse avait été
conçu selon la technique reprise par da Vinci pour la
Joconde, le sfumato, la superposition de couches de
vernis pour cacher la réalité crue aux regards
curieux.
C’est ainsi que l’Apocalypse m’a entraîné
en Egypte, en Asie, à l’époque d’Auguste,
et autour des constellations, pour y découvrir le Cygne
(Virgile) poursuivi par les sbires de l’empereur puis,
finalement assassiné, ce qui fut considéré
comme une énorme catastrophe par ses contemporains, un
cataclysme semblable à l’arrivée d’une
comète sur la terre. C'était, curieusement, l'image d'un événement passé.