Histoire  

Une naissance divine.
Auguste naquit le neuvième jour avant les calendes d’Octobre, un peu avant le lever du soleil, dans la partie du Palatin appelée " aux têtes de bœufs ", où il a maintenant un sanctuaire, qui fut bâti assez longtemps après sa mort. (…) On montre encore aujourd’hui la maison où il fut élevé, dans une terre que possédait sa famille aux portes de Vélitres : elle est tout à fait modeste et semblable à un cellier ; les gens du pays persistent même à croire qu’il y est né.
(Suétone V-VI).

Une conception prodigieuse.
(…) Atia (la mère d’Auguste) s’étant rendue au milieu de la nuit à une cérémonie solennelle en l’honneur d’Apollon, fit placer sa litière dans le temple et s’y endormit, tandis que les autres matrones rentraient à la maison ; or, un serpent se glissa tout à coup auprès d’elle et se retira bientôt après ; à son réveil, elle se purifia comme si elle sortait des bras de son mari ; dès ce moment, elle porta sur le corps une tache affectant la forme d’un serpent, et jamais elle ne put la faire disparaître, si bien qu’elle dut renoncer pour toujours aux bains publics ; et, comme Auguste naquit neuf mois après, on le considéra dès lors comme le fils d’Apollon. En outre, avant d’accoucher, Atia vit en rêve ses entrailles élevées jusqu’aux astres et s’étalant sur toute l’étendue de la terre et du ciel. De son côté, Octavius, le père d’Auguste, rêva que du sein de sa femme sortaient les rayons du soleil.
Le jour où naquit Auguste on délibérait au Sénat sur la conjuration de Catilina, et Octavius, retenu par les couches de sa femme, arriva en retard ; or, quand P. Nigidius – c’est un fait que tout le monde connut – apprit la cause de ce retard et fut en outre renseigné sur l’heure de l’accouchement, il déclara qu’il était né un maître de l’univers.
Plus tard, Octavius crut voir son fils doué d’une grandeur surhumaine, portant la foudre, le sceptre de Jupiter Très-Bon et Très-Grand, ainsi qu’une couronne de rayons, sur un char couvert de lauriers, que traînaient douze chevaux d’une éclatante blancheur.
Quand il était encore tout petit, sa nourrice l’ayant un soir placé dans son berceau, installé au rez-de-chaussée, on ne l’y retrouva plus à l’aube suivante, mais, après l’avoir cherché longtemps, on le découvrit enfin couché au plus haut d’une tour, face au soleil levant.

 
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Illustrations: Claire Terrenoire
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