La pierre philosophale
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


« Du mâle et de la femelle fais un cercle, puis, de là, un carré, et ensuite un triangle ; fais un cercle et tu auras la Pierre des Philosophes. » Evidemment, on avait oublié de nous donner une petite partie des explications, il fallait bien protéger le « secret ». Mais c’était la résolution de la quadrature du cercle telle que proposée par Platon : à l’aide de la règle et du compas seulement, tracer un cercle de même surface et un cercle de même périmètre qu’un carré. Que le carré Sator, bien entendu.

Il sera prouvé au XIXème siècle que la rigoureuse et parfaite solution mathématique n’existait pas, mais la solution géométrique des Egyptiens ne gênait certainement pas les maçons. L’approximation était infime dans la pratique, la perfection n’existait pas parce que le mathématicien avait trouvé que PI était un nombre infini, transcendant. Et alors ? On faisait tout de même des cercles qui avaient une surface et une circonférence ! Alors, on s’emmêla les pinceaux dans l’alchimie, l’ésotérisme, les messes noires et les superstitions.

Ce que disait le carré Sator n’était pas tant le problème de la quadrature que le secret qui avait été caché derrière cette pierre philosophale. Revenu des croisades, repris aux Arabes qui l’avaient emporté lors du pillage de Nola (aux pieds du Vésuve) au VIIIème siècle, le carré Sator abritait le grand secret de l’humanité qui avait été mis en place pour changer les esprits, pour combattre l’esprit de pesanteur, pour passer de la censure totale à la liberté, du plomb à l’Age d’Or.

Malheureusement pour nos trois poètes qui avaient relancé ce concept et ce mythe, on s’apercevra qu’avec ou sans Jésus, l’homme sera toujours lourd, capable de créer un nouvel enfer chaque jour, à l’évidence son rôle de prédilection jusqu’au moment où il sera capable d’ouvrir les yeux. Cela ne dépend que de lui, que de nous.

 

 
   
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Illustrations: Claire Terrenoire
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